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Cérémonie de Dédicace : Discours de Mr. Bachir Dieng
Posté le 12/10/2010 | 02h41 GMT - Mis à jour le 12/10/2010 | 02h46 GMT
 
Novotel, le 19/06/2010

Présentation de Monsieur Allé DIOUF, auteur du Discours de la Construction

Le monde de la construction se signale souvent à l’opinion par des tragédies et des crises, quelques fois au cœur de l’Etat. C’est soit un bâtiment qui s’effondre ou la révélation de malversations, vraies ou supposées, dans l’exécution des grands travaux de l’Etat. Monsieur Allé DIOUF nous présente le rôle et la mission d’une profession au centre du système des BTP : le contrôleur-conseil. Si la réalisation d’un ouvrage est le fait du maître d’œuvre, du maître d’ouvrage et de l’entreprise, la traduction du bâti en patrimoine relève du contrôleur-conseil qui en assure la solidité et la durabilité.

Le contrôleur-conseil a une posture ambigüe, car il est en général engagé et payé pour assurer une sorte de « police » à l’endroit de son employeur. Dans les pays en développement, où la pauvreté nous soumet toujours à des choix éthiques, que faut-il choisir : faire son travail rigoureusement et se voir remercié, ou se taire sur les manquements de tous ordres pour s’enrichir. Evidemment Monsieur DIOUF opte pour l’éthique professionnelle. Cet ouvrage que nous présentons aux lecteurs a pour visée fondamentale l’explicitation du rôle majeur du contrôleur-conseil. L’auteur tente de convaincre les acteurs du domaine que la confrontation ne bénéficie à personne. L’ouvrage se présente ainsi comme une quête de l’équilibre dans les rapports entre les acteurs pour créer du patrimoine et de la richesse. C’est une quête de 10 ans.
C’est dans ce sens qu’un témoignage en annexe de l’ouvrage compare le Discours de la Construction au Discours de la Méthode de Descartes. Ce parallèle est loin d’être fortuit. Le Discours de la Méthode est un plaidoyer pour une nouvelle fondation des sciences, c’est un texte fondateur de la révolution copernicienne qui ouvre l’ère moderne. Il est publié en 1637, quelques années après la condamnation de Galilée par l’Eglise en 1633 pour son ouvrage Dialogue sur les deux systèmes du monde. Le débat de l’époque porte sur l’opposition de l’Héliocentrisme et du géocentrisme. La terre est-elle en mouvement ou statique ? Descartes entreprend un voyage de 9 ans pour fonder sa démarche sur l’expérience et la déduction. Il se prépare à remettre en question tous les concepts qu’il connaît, afin que rien de subjectifs ou de fantaisistes ne viennent polluer sa pensée, au profit de la raison inconditionnelle ; pour cela il s’impose quatre préceptes qui éclairent le sous titre du Discours de la Méthode « pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences » :
  • l’évidence : ne recevoir aucune chose pour vraie tant que son esprit ne l’aura clairement et distinctement assimilé préalablement ;
  • l’analyse : trier ses difficultés afin de mieux les examiner et les résoudre ;
  • la synthèse : établir un ordre de pensées en commençant par les plus simples jusqu’aux plus complexes et diverses, et ainsi de les retenir toutes et en ordre ;
  • le dénombrement : passer toutes les choses en revue afin de ne rien omettre.

A. DIOUF se soumet à une démarche similaire. Pendant 10 ans il passe au crible les concepts de la Construction. Les neufs chapitres de l’ouvrage sont des communications à des séminaires, lieux d’un débat ouvert avec tous les acteurs du secteur. C’est à partir de là que la réflexion scientifique se mue en réflexion intellectuelle et en action de développement. L’on connaît l’origine du mot intellectuel, relevé pour la première fois dans le Journal l’Aurore, suite au fameux « J’accuse » de Zola dans « L’affaire Dreyfus ». L’intellectuel, au sens large, est celui qui traduit en projets les demandes de latentes des populations. Mais c’est surtout un homme ou une femme d’action qui engage ses compétences dans le jeu social pour le bien commun.

Dans cet ordre d’idées, Allé DIOUF associe réflexions et propositions. Le dernier chapitre de l’ouvrage résume les décisions administratives et législatives prises par les autorités pour améliorer le climat dans le secteur des BTP, ainsi que les propositions retenues à mettre en œuvre.

L’engagement intellectuel a pour finalité la transformation du monde et le changement social qualitatif. C’est sur ces mots que je vous invite à lire cet ouvrage pour engager un dialogue fructueux avec l’auteur.

Professeur Bassirou DIENG,
 Directeur de la Formation doctorale
« Etudes Africaines », UCAD

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