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| AMADOU WILLIER, PDG DE WILLIER-INGENIERIE : «L'auteur est un symbole pour la construction» |
| Posté le 12/10/2010 | 04h01 GMT - Mis à jour le 12/10/2010 | 04h35 GMT |
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Etabli en France, ce chef d’entreprise né à Diourbel a rencontré Allé Diouf alors qu’ils fréquentaient l’Ecole supérieure de technologie (Ensut) ex-Iut. Ancien chef de service construction au Bureau de Contrôle APAVE, il revient ici sur l’attachement de l’auteur à la compétence, à la qualité et à l’organisation du secteur, pour une durabilité des ouvrages. Sans oublier ses qualités d’homme, de rassembleur et de formateur.
Comment avez-vous connu l’auteur du livre et quelle est votre impression après lecture du livre ?
J’ai connu l’auteur à l’Ensut (ex-Iut) de Dakar en tant que cadet. Pour ce qui est du livre, j'ai suivi le débat télévisé RTS et j'ai lu le livre. D'abord, j'apprécie la démarche intellectuelle de son ouvrage. La construction, en particulier de bâtiment, de génie civil doit être réorganisée et moralisée. D'autant plus que c'est un secteur de croissance pour le Sénégal. Monter un projet, envisager diverses solutions, faire des choix techniques : est une démarche qui exige discernement et savoir-faire. D'ailleurs, pour cela, l'ingénierie se situe à l'avant garde des métiers de l'industrie et de la construction. L'ingénierie du Génie civil et du bâtiment doit être une vraie spécialité sénégalaise qui marie les compétences publiques, privées, indépendantes et intégrées. L'auteur nous rappelle que chacun doit être à sa place et faire le métier pour lequel il a un agrément. Les rôles ne doivent pas être confondus. Le contenu du livre Discours de la construction peut permettre aujourd'hui de comprendre ou de guider quelqu'un qui n'est pas du secteur Le manque de formation et d'encadrement peut avoir des conséquences néfastes sur la qualité et la durabilité d'un ouvrage. L'auteur dit lui-même : la qualité des hommes passe par la formation, l'encadrement et l'accompagnement.
L’auteur a une vision plutôt économique que technique de l’impact du livre. Quelle portée économique lui donneriez-vous, selon les thématiques abordées?
Je pense qu’en tant qu'expert de la construction, et riche d'une expérience, il a pu apprécier les conséquences économiques que cela peut poser quand les hypothèses de base ne sont pas respectées. Et tout expert sait que la gestion d'un sinistre coûte cher au donneur d'ordre, à l'assurance et aux acteurs de l'ingénierie et à l'entreprise. Nous savons que la finalité, le coût économique d'un ouvrage reposent sur la qualité et le respect des normes. A titre d'exemples : les prestations réalisées par les sociétés françaises d'ingénierie pour la conception et la réalisation de produits, équipements et construction sont évaluées à 25 millions d'Euros environ et représentent 200.000 emplois. L'essentiel des exportations dans cette activité représente environ 2 milliards d'Euros et 5 milliards de clé en main. C’est pourquoi, il a compris que l’absence d’études peut coûter très cher et que parler de l'économie de la construction permet de toucher tous les secteurs de la construction et en particulier ceux qui font de la technique.
Pour l’ingénieur que vous êtes, dédier ce livre aux étudiants, comme le veut l’auteur, qu’est-ce que ça vous inspire ?
Comme le proposait MonsieurMansour Cama lors du débat télévisé sur la RTS, « l’initiative un étudiant - un livre. »Amon avis, ce livre constitue un ouvrage de référence pour les étudiants en ingénierie de la construction : Bâtiment et Génie civil et autres ingénieurs qui interviennent dans le domaine de la construction en général. Bien que dédié aux étudiants de l'ingénierie, il est destiné à tous les acteurs de la construction ou de l'acte de construire : le maître d'ouvrage (donneur d'ordre), les bureaux de contrôle, les pouvoirs public ou privé : cabinets d'ingénierie, l'équipe de maîtrise d'oeuvre et les entreprises qui réalisent.
Le livre dans le fond n’a pas occulté la problématique de l’organisation du secteur de la construction et la qualification des intervenants. Qu’en pensez-vous ?
Vous prenez n'importe quel secteur d'activité, s’il n'est pas organisé, structuré, régi par des règles qui sont appliquées et que chaque intervenant soit formé et exerce son travail pour lequel il est jugé compétent, il y a une forte probabilité que ce secteur ne décollera pas et risque d'être stationnaire. Nous sommes au Sénégal en présence d'un secteur informel très important, les études souvent mal réalisées, voire absence d'études, des problèmes de qualité, de sécurité qui entraînent parfois des morts d'hommes. Il est de son devoir en tant qu'expert d'agir, de faire le diagnostic, de susciter des débats et d'interpeller tous les acteurs de l'activité construction.
Vous qui connaissez M. Allé Diouf depuis qu’il était étudiant et l’avez suivi dans sa vie professionnelle, quelle appréciation faites-vous des témoignages apportés par d’illustres personnalités ?
A partir de ce que j'ai vu, parfois vécu avec lui, depuis que nous cheminons ensemble, les témoignages apportés sur mon ami Allé Diouf sont justes pour ses qualités d'homme qui sont à la base de toutes ses actions. Il est un symbole pour la construction, un rassembleur et aide les jeunes ingénieurs débutants. Depuis 1984, l'année où j'ai vraiment commencé à le fréquenter, l'homme est animé toujours par la même passion. L'envie de bien faire, et associe la rigueur et le sérieux dans tout ce qu'il entreprend. Nous discutons ensemble et depuis longtemps sur les problématiques de la construction. Allé Diouf est un homme compétent, courageux, honnête et, loyal. Il n'aime pas les compromissions et c’est ce qui fait qu'il gêne parfois ses collaborateurs et des clients qui le trouvent parfois têtu et inflexible. Il aime les relations transparentes et refuse le travail mal fait. Il a toujours oeuvré au service de sa profession et de son cher pays, le Sénégal. Je lui ai toujours dit et répété que quand tu es convaincu que la direction que tu as pris ou la position est juste, tu peux te retrouver seul ou minoritaire. Mais cela n'a pas d'importance. Il faut continuer à croire en toi et à tes activités loyales. Je lui ai aussi toujours dit : on peut combattre quelqu'un tout en le respectant. Pour résumer, je reprendrai le témoignage de M. BernardMontel de SOCOTEC – France qui résume tout : Il oeuvre pour sa patrie. Tout ceci grâce à ses qualités d'homme , une honnêteté sans faille, une conscience professionnelle irréprochable, un courage et une volonté sans défaut, un travailleur acharné. Je rajouterai toujours une envie de bien faire. Je lui demande de faire encore confiance au temps et je suis convaincu que l'histoire et son peuple lui donneront raison. Je lui souhaite encore bon courage car le travail vient de débuter et qu'il faut continuer.
Source : LeSoleil
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