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MODY NIANG, ECRIVAIN ET EDUCATEUR : «Une référence dans le milieu du bâtiment et des travaux publics»
Posté le 12/10/2010 | 04h55 GMT - Mis à jour le 12/10/2010 | 04h56 GMT
 
Dans cet entretien témoignage, Mody Niang, écrivain, parle de son ami Allé Diouf et de son livre Discours de la construction, des circonstances dans lesquelles ils se sont connus, de la rigueur de l’homme et de son amour au travail bien fait. L’enseignant et observateur attentionné de la vie nationale estime que le secteur de la construction est désorganisé et que le livre est une référence dans le milieu du bâtiment et des travaux publics.

Quelle est votre première impression après lecture de cet ouvrage ?

Après avoir relu le contenu, j’ai une impression de satisfaction et de fierté de me trouver face à un compatriote qui faisait montre en toute circonstance, de rigueur dans le travail et d’efficacité, de grande compétence, d’attachement à la rigueur dans le travail, à l’efficacité et à la persévérance. C’est un garçon qui ne se décourage pas, malgré tous les écueils qu’il rencontre souvent sur son chemin. Ensuite, tout dans les discours tournent autour d’un objectif essentiel, c'est-à-dire l’assainissement du secteur de la construction, autour de la durabilité de l’oeuvre accomplie. J’ai remarqué également, que c’est un garçon particulièrement intéressé à la formation, à l’encadrement, d’abord pour lui-même et pour son personnel.

Justement puisque nous sommes à la formation, parlons-en. L’auteur a dit qu’il dédie ce livre aux étudiants et autres apprenants, qu’en pense l’enseignant que vous êtes ?

En réalité, j’ai pensé que voilà un livre de chevet pour un certain nombre de jeunes Sénégalais, particulièrement aux étudiants des écoles d’ingénieurs comme des autres étudiants. C’est une excellente idée qu’il ait pris la décision de le dédier aux étudiants. Je crois qu’ils peuvent s’en inspirer largement s’ils veulent vraiment réussir dans la vie. Le livre peut se résumer au fait que rien de solide et de durable ne se donne sur un plateau d’argent et tout se trouve au bout de l’effort. Voilà ce que je retiens du livre.

L’auteur insiste beaucoup sur l’assainissement du secteur…

Avant même de connaître M. Diouf, je me préoccupais beaucoup de ce secteur-là et de la manière dont il marchait. Mon point de vue de profane, c’est que le secteur marche un peu sur la tête. On retrouve n’importe quoi dans le secteur. Tout le monde est entrepreneur ; tout le monde construit ; et on n’a pas besoin d’être ingénieur pour savoir que dans ce secteur il y a des problèmes parce que très souvent en tout cas, il y a des bâtiments qui s’écroulent sur des gens et qui provoquent des morts. C’est fort regrettable. Donc je n’ai pas attendu de connaître Allé pour me préoccuper de ces questionslà.

Il y a quelques années, dans un de vos livres, vous rendiez un hommage à l’auteur. A présent, avec cet ouvrage, quel regard portez-vous sur l’homme ?

Le livre confirme la première impression que j’ai eue sur l’homme quand nous nous sommes vu pour la première fois. Comment c’est arrivé ? Une radio privée de la place avait fait état de l’effondrement de la case des tout-petits de la ville de Kédougou et le Populaire, si mes souvenirs sont exacts, a repris l’information. Et une dizaine de jours après, j’ai fait une contribution pour revenir sur ça. J’ai dit que c’est inacceptable qu’une case des tout-petits construite en moins d’un an s’effondre. J’ai dit : dans quelles conditions cette case des tout-petits est-elle réalisée, qui l’a réalisée, quelle entreprise, etc. Un appel d’offre a-t-il été lancé, etc. Et à ma grande surprise, j'ai reçu un appel téléphonique de Allé Diouf qui se présente comme ingénieur et qui voulait me rencontrer. Alors ce qui m’a impressionné, ce garçon me propose qu’on aille ensemble à Kédougou vérifier, parce qu’il faut toujours vérifier.

Malheureusement à l’époque j’étais en activité et je ne pouvais pas me déplacer aussi facilement, je venais de sortir de l’hôpital une semaine auparavant. Donc ma santé ne me le permettait pas. Vous imaginez ce garçon qui était prêt à mettre du carburant et à aller jusqu’à Kédougou pour se rendre compte sur place des raisons pour lesquelles ce bâtiment serait effondré. Je me suis dit voilà un cas rare chez les Sénégalais ! C’est comme çà que nous nous sommes connus ; et je l’ai suivi dans ces efforts d’assainissement du secteur.

Chemin faisant, j’ai toujours découvert également un garçon particulièrement courageux, rigoureux, persévérant et efficace. Et d’ailleurs quand j’ai fait mon premier livre, Me Wade et l’alternance : le rêve brisé du Sopi, en conclusion je me suis posé un certain nombre de questions sur l’alternance et je me rappelle avoir dit, même si l’alternance a été dévoyée, elle ne sera pas totalement négative. Et j’ajoutais qu’il ne faut pas désespérer des Sénégalais malgré tout. Il y a des Sénégalais sur qui on peut compter et j’ai cité un certain nombre de personnalités y compris ce garçon que je venais de connaître. Parmi les personnes que j’ai citées il y avait les Mamadou Dia, le juge Kéba Mbaye, les Cheikh Anta Diop ainsi que d’autres personnalités sénégalaises qui étaient connues pour leur rigueur, compétence et intégrité morale. C’est dans ce cadre que je lui ai rendu hommage. Et aujourd’hui, je réaffirme cet hommage avec la plus grande vigueur. C’est un garçon aux qualités intellectuelles, morales et professionelles indéniables.


Source : LeSoleil


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